Dans la salle règne un silence presque palpable.
Sur une photo, deux personnes souriantes.
L’une est encore là, l’autre est passée de l’autre côté.
Tout respire la mémoire.
Au temps du règne de l’immédiateté et de la célérité, on oublie souvent que prendre congé requiert du temps.
Et si nous pouvions allonger le temps ?
Et si nous pouvions passer encore un peu de temps avec celle ou celui qu’il nous faut laisser partir ?
Entre celle ou celui qui reste et celle ou celui qui s’en va s’instaure un dialogue particulier, au-delà de la mort. Un dialogue comme une danse : ludique et tendre, comique et mélancolique.
Un tango infini, une valse légère, un ballet lent, un pogo frénétique, un disco nostalgique…
la montagne est un hommage au rituel d’adieu. L’adieu comme réconciliation, comme consolation. Comme une marque de révérence au mystère de la vie et de la mort.
Ce spectacle s’inspire de la légende japonaise du mont Nara, où les proches amènent leurs défunts passer leurs dernières heures. L’homme de théâtre Michai Geyzen observe notre rapport à la mort. Non pas pour la nier ou la refouler, mais au contraire, pour nous inviter à l’embrasser, le cœur ouvert, sans peur, dans l’acceptation et la sérénité.